Le programme « Oui la Bretagne »

Base programmatique commune aux candidats aux élections législatives de 2017 dans le cadre de la plateforme Oui la Bretagne

Introduction

La Bretagne comme projet

Notre pari suite à votre visite est que, vous aurez, comme nous, envie de construire la Bretagne pour le bien commun, pour nos enfants, en responsabilité  au delà de tous les clivages politiques, c’est la Bretagne(1) comme Projet, qui se veut un élixir d’espérance.

Il ne s’agit pas du tout d’un projet pour la Bretagne, ce que l’on pourrait comprendre communément.

Il s’agit, dans toutes les décisions (du domaine économique, politique, social,  culturel et intellectuel) de porter une attention à notre territoire dans sa globalité, de prendre soin de ce territoire. Evidemment, cette péninsule n’a pas besoin de nous pour être, elle est là, mais nous l’avons humanisé en lui donnant un nom.

Et ce nom en retour nous structure. Etre breton signifie, porte une représentation, évolutive évidemment dans le temps. Etre breton, c’est appartenir à une société identifiée, avec une identité riche de références, dans le magma d’une société mondiale. Etre breton, c’est être atlantique,  granitique, et plein d’autres choses évidemment indéfinissable.

Je suis aussi convaincu qu’il existe un lien entre la géographie, l’esprit du lieu et les personnes qui y habitent. L’homme qui habite vraiment est habité par la terre.

La Bretagne comme projet, c’est penser la Bretagne. Penser la Bretagne (qui est aussi panser la Bretagne, en prendre soin !) c’est investir de nouveau, un imaginaire commun, envisager ici une aventure sociale de qualité qui marche vers une élévation.

La Bretagne comme projet, c’est offrir des perspectives, une visée d’avenir vers le ciel étoilé, visée commune évidemment sans laquelle un humain bien dans ses racines ne saurait vivre.

Il faut de nouveaux discours pour que cette Bretagne vienne, vivante et créatrice. Au sein de ce discours, il faut penser cette Bretagne qui met la personne au cœur de ses préoccupations (j’ai bien dit la personne et non pas l’individu) en proposant un meilleur équilibre entre l’économique, le culturel, le politique et le spirituel.

La Bretagne comme projet, dans un contexte global de panne de projet de civilisation (qui conduit, je pense, au nihilisme, au djihadisme, à ce vide de la désespérance), est le réenchantement de cette société ouverte et péninsulaire qui répondrait aux besoins matériels des personnes mais aussi à leurs besoins culturels et spirituels.

Construire une société qui fait sens (enfin) pour ceux qui l’habitent et prendre le large contre la marée de l’uniformisation qui stérilise, abaisse et appauvrit.

La Bretagne comme projet devra être l’élaboration d’une véritable culture démocratique, libératrice des intelligences diverses et variées, des forces vives en les faisant participer à l’œuvre de construction d’un mieux être collectif et personnel.

Inévitablement, il conviendra de reprendre possession d’espaces de décision interdits aujourd’hui. Cette autonomie de décision retrouvée permettra d’opérer des choix vitaux pour le territoire.

La Bretagne comme projet conduira à une réussite sociale et économique fondée sur une très grande solidarité caractérisée par un idéal commun et la conviction d’appartenir à une communauté.

« L’avenir est ce lieu qui n’existe pas encore, mais que l’on configure dans un espace mental. Pour les sociétés, il doit faire l’objet d’une pensée prospective…il s’agit de l’investir par la pensée et l’imaginaire.(2) »

Mais maintenant, il est urgent de le faire.

 

(1) Dans tous nos propos sur la Bretagne, nous considérons qu’il s’agit bien de la Bretagne avec ses frontières historiques, c’est-à-dire à 5 départements…
(2) Afrotopia – Felwine Sarr – Editions Philippe Rey 2016 – page 133

Vivre en Bretagne

1.1 – Soutenir et développer l’économie

Vivre dignement au pays, lutter contre l’exode de la jeunesse, garantir la pérennité de notre qualité de vie, passent par une économie en bonne santé respectueuse d’un développement responsable, équitable, solidaire et durable.

Nous voulons que les Bretons qui le souhaitent puissent rester vivre en Bretagne dans des conditions dignes et dans un environnement préservé. C’est pourquoi nous insistons pour dire que le dynamisme de l’économie et son développement sont la priorité.

La création d’emplois de toute nature susceptibles de permettre aux Bretonnes et aux Bretons de rester travailler au pays, est un objectif majeur. L’exercice de nouveaux pouvoirs dans ce secteur doit être affirmée car la capacité d’une économie de recherche, d’innovation, de production, en dépendent ; initier et accompagner les mutations socio-économiques afin de faire de la Bretagne un des acteurs majeurs des échanges internationaux.

L’entreprise fait partie intégrante de la société, elle est une unité vivante, sociale, et humaine, en ce sens, elle n’est pas une « marchandise financière ». Aussi sommes-nous contre la financiarisation de l’économie et nous répondrons à l’urgence industrielle et agricole sur notre territoire par la création de fonds d’investissements spécialisés et contrôlés afin de diversifier les flux économiques en accompagnant la recherche et développement, sur, l’agriculture, les cultures marines, les énergies renouvelables, l’économie numérique…

Dans un monde en perpétuelle mutation les entreprises ont besoin de compétences évolutives : les fonds de formation continue collectés en Bretagne devront en priorité servir la formation dans l’économie bretonne.

 

1.2 – Redonner la priorité à la notion d’aménagement du territoire

Pour se soigner, avoir accès à un emploi partout en Bretagne, nous réorienterons les investissements publics vers les territoires en difficulté afin de réduire les fractures territoriales initiées par la politique de métropolisation.

Nous expérimenterons un statut de résident sur les îles bretonnes pour lutter contre la spéculation et permettre aux habitants permanents de se loger.

Actuellement les investissements publics et les dotations se concentrent sur les territoires les plus riches : le Grand Paris et dans une moindre mesure les métropoles. L’Etat centralisé fabrique des inégalités. Les Bretonnes et les Bretons doivent exiger un aménagement territorial harmonieux de l’espace Bretagne.

Nous lutterons avec vigueur contre les déserts médicaux.

 

1.3 – Réformer les dotations aux communes et aux intercommunalités à plus long terme

Pour approcher l’égalité en euro par habitant – aujourd’hui les territoires les plus riches reçoivent le plus à cause des « primes de centralité ».

 

1.4 – Confier de nouvelles compétences et de nouvelles ressources financières aux régions

En matière de liaisons ferroviaires par exemple, on voit bien que l’Etat n’assume plus ses responsabilités et qu’il « rechigne » à financer l’entretien des lignes au quotidien.

Les régions doivent pouvoir reprendre la main : maîtriser leur fiscalité, leurs budgets, pouvoir mener des stratégies économiques sur tout le territoire.

Il faut un transfert massif et rapide d’une partie des ressources financières existantes et de certaines compétences aux régions, dans les domaines du développement économique, des transports, de l’énergie, de l’éducation.

 

1.5 – En cours de mandat : réformer la Constitution pour faire de la France une République fédérale

Les régions et territoires qui le souhaitent pourront disposer d’un statut spécial leur permettant de voter leurs propres lois (en dehors des fonctions régaliennes).

Rapidement une dynamique nouvelle peut se dégager en Bretagne, par exemple : pour un service unifié de transport rail-route-mer, une agence bretonne de l’énergie, un fonds public d’investissement géré en Bretagne, l’intégration de Diwan dans un service public régional de l’éducation, l’officialisation des langues minoritaires dans les territoires où elles sont pratiquées.

 

1.6 – A terme : transfert aux régions de la responsabilité de la collecte des impôts

Les régions reverseront à l’Etat ou à l’Union européenne les sommes nécessaires aux dépenses de solidarité territoriale, aux investissements communs et à l’exercice des pouvoirs régaliens.

Cette responsabilité accordée à bien d’autres régions en Europe conduira à des économies significatives, redonnera du sens à une véritable démocratie. L’organisation étatique actuelle est incapable de juguler les déficits depuis 40 ans.

Ce nouveau modèle est envisageable et conduira à des finances publiques saines et équilibrées pour le bien de tous.

Modèle social

2.1 – Un nouveau modèle social

Le modèle social mis en place après la seconde guerre mondiale qui a fleuri pendant les 30 glorieuses est remis en cause : remis en cause financièrement car en déficit chronique malgré des hausses de cotisations autant sur les entreprises que sur les salariés devenues insupportables (prélèvements de 20% pour la part salariales et 50% minimum pour la part patronale, remis en cause dans un monde totalement ouvert où la compétition ignore la qualité des protections sociales, remis en cause demain par l’évolution inéluctable des formes d’emploi liées à l’évolution numérique et la robotisation.

Cela pose évidemment la question de la production de la valeur et de sa redistribution. Ce modèle est à bout de souffle malgré une bonne qualité globale mais le citoyen constate une baisse des prestations (par exemple baisse des remboursements maladie, dernièrement baisse des remboursements des mutuelles malgré une cotisation individuelle renforcée, baisse des pensions de retraite annoncée).

Les Candidats de notre plate-forme ont pour objectif d’assurer une vie digne pour les plus démunis, sachant que la Bretagne (avec les Pays de Loire) reste la région la moins inégalitaire entre ménages et entre territoire.

Un nouveau modèle est à inventer qui passera assurément par une meilleure gestion des caisses sociales devenues des organisations inefficaces et inhumaines. Ce nouveau modèle doit être un modèle autonome donc responsable. Le Régime Social des Indépendants ainsi que le statut des micro entrepreneurs devront s’intégrer dans ce régime expérimental réclamé.

 

2.2 – Gestion des pensions de retraites

Nous demandons une harmonisation des multiples régimes en place.

Gestion des territoires

3.1 – Revoir le découpage des régions

Le découpage des régions de Valls et Hollande, imposé autoritairement et sans consulter les populations concernées, est a retravailler.

Une grande région n’est pas forcément plus efficace.

C’est la cohérence et le sentiment d’appartenance qui comptent. Les régions doivent être fondées sur la volonté des habitants.
En Bretagne : organisation d’un référendum pour l’intégration de la Loire-Atlantique dans la région Bretagne, et réforme de la loi pour que les départements puissent changer de région s’ils le souhaitent (l’actuel « droit d’option » est pratiquement impossible à mettre en œuvre).

 

3.2 – Remettre de l’humanité et de la proximité dans le fonctionnement des communautés de communes

La croissance en taille, en population et en compétence des intercommunalités éloigne les choix politiques des citoyens et recrée de la technocratie. On reproduit le centralisme dans les territoires ! Cesser d’imposer des seuils de population, rendre certaines compétences aux communes dans les métropoles (voirie par exemple).

 

3.3 – Simplifier le fonctionnement des institutions

En fusionnant les cinq départements bretons et la région administrative dans une Assemblée de Bretagne, collectivité unique à statut particulier, sur le modèle de la collectivité unique prévue pour la Corse.

Elle travaillera avec les communautés de communes dans le cadre de Conseils de pays.

 

3.4 – Soutenir toutes les formes de relocalisation

Mettre producteurs et consommateurs dans des relations de face à face, de personne à personne afin de créer du lien social, de la confiance et ainsi diminuer la dépendance aux grands groupes multinationaux. La mise en place de cette économie relationnelle aura pour effet de favoriser l’emploi, de diminuer l’empreinte écologique, de retrouver une souveraineté alimentaire et énergétique (les besoins fondamentaux).

Autonomie énergétique

4.1 – Développer les énergies renouvelables

Pour réduire les importations d’hydrocarbures et la dépendance au nucléaire, accélérer le développement des énergies renouvelables, notamment éoliennes et marines.

Fixer un objectif de 100 % renouvelable en 2050 et se donner les moyens de l’atteindre en desserrant les contraintes : celles de l’armée, des résidents secondaires, les réticences d’EDF…

Prendre la main en Bretagne au moyen d’une agence régionale de l’énergie, qui pilotera les plans d’installation et appuiera les initiatives locales. EDF ne doit plus avoir le monopole de la production électrique.

 

4.2 – Développer l’économie circulaire

Développer sur le territoire breton toutes les expérimentations possibles en matière d’économie circulaire et de production locale d’énergie afin d’assurer la transition énergétique devenue inéluctable et abandonner progressivement le nucléaire.

Sécurité

5.1 – Sécurité et tranquillité

La sécurité et la tranquillité de nos compatriotes est un droit indiscutable et il appartient aux élus politiques de mettre en place les moyens pour qu’elles soient assurées.

 

5.2 – Combattre le trafic de drogue

Le fléau et le danger pour la santé publique que représente le trafic de drogue, en très fort développement en Bretagne, doit être combattu impitoyablement avec les moyens modernes d’investigation.

 

5.3 – Accueil des migrants en bonne intelligence

L’accueil de migrants ou de réfugiés doit se faire en bonne intelligence et dans le respect des réalités du terrain en collaboration étroite avec les élus locaux.

La tradition d’accueil de la Bretagne ne doit pas être démentie mais elle ne s’oppose pas à une réflexion dépassionnée sur la gestion des flux migratoires, les raisons de cette migration, l’adaptation des nouveaux arrivants ainsi que leur compréhension de la culture et des traditions bretonnes.

Conclusion

Pour une confluence bretonne

Quimper est la ville de la « Confluence ». De notre superbe ville, il s’agit, pour nous, de lancer véritablement une « confluence bretonne » qui permette l’organisation de la pression nécessaire pour obtenir le pouvoir de décider sur notre territoire. En d’autres termes, il ne s’agit pas aujourd’hui de se « chamailler » sur les détails d’un programme politique bleu ou vert, voir orange ou rouge, il s’agit de se prendre en main, main dans la main pour montrer notre détermination. Avant de savoir vers quelle destination vous voulez aller, il convient d’investir les sphères du commandement et d’examiner dans quel véhicule vous allez voyager. En clair, la priorité aujourd’hui n’est pas de philosopher sur la couleur d’un programme sur la base de théorie usées, il s’agit de conquérir des libertés nouvelles, c’est-à-dire de pouvoir décider de nos affaires car elles nous concernent. « La liberté de choisir donc de gérer, donc d’avoir un budget » est l’objectif premier et cette liberté est espérée depuis des décennies. Nous sommes réduits aujourd’hui à la situation des adolescents face aux parents.

Je suis convaincu qu’une des causes principales de l’incapacité de l’Etat mais aussi de bien autres organismes institutionnels à maitriser les dépenses reste la taille et la structure des responsabilités. Les chefs d’entreprise connaissent bien le phénomène : les dérapages budgétaires se voient plus dans une petite structure qu’une grande et plus elle est grande, en final, plus le pourcentage de l’erreur devient de moins en moins visible. Je suis convaincu que la prise en charge en responsabilité d’une partie de la gestion des fonds publics résoudrait ce problème récurrent. La gestion centralisée des finances publiques chroniquement déficitaire pourrait être soignée par la délégation progressive de cette responsabilité aux régions. Cette délégation serait une véritable prise de responsabilité sans retour et sans filet évidemment. L’adolescent supposé devra démontrer qu’il est adulte et qu’il sait trouver des solutions, en prenant le large.

L’enjeu de cette « Confluence Bretonne » sera de conquérir plus de  liberté de décision au niveau économique, sociale et culturelle pour le bien commun, pour une meilleure gestion du bien public, pour une meilleure adéquation aux besoins des populations, pour redonner du sens aux politiques publiques donc aux prélèvements fiscaux et sociaux devenus  confiscatoires et stérilisant pour les initiatives. Cet enjeu ne se situe pas sur un axe gauche-droite, mais bien au-delà, sur  cet horizon de l’autodétermination d’une population liée par une histoire, une culture et une envie de vivre ensemble  des projets positifs et gorgés d’espérance.

 En résumé, nous agissons pour :

  • Relocaliser les décisions et les pouvoirs économiques en Bretagne
  • Libérer les énergies et soutenir l’emploi par allègement des charges et les contraintes administratives.
  • Développer les infrastructures et des modes alternatifs de transport avec un rééquilibrage Est-Ouest
  • Agir pour la préservation de notre environnement
  • Renforcer l’expérimentation des politiques publiques sur notre territoire
  • Doter la Bretagne de ses propres médias audiovisuels et numériques
  • Officialiser la langue et la culture bretonne
  • Maitriser sur le territoire la filière de l’Energie et son développement
  • Relocaliser la finance pour le développement économique régional
  • Réunir les 5 Départements bretons, base de la Bretagne historique
  • Harmoniser la législation sociale et fiscale au niveau européen afin d’éviter le dumping social et les distorsions de concurrence en Europe